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    04
    03
    2008

    La fille coupée en deux - Claude Chabrol

    14 chroniques recensées

    Liste des chroniqueurs sur ce sujet :
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    La fille coupée en deux,

    De

    Avec L. Sagnier, F. Berléand, B. Magimel

    Sortie en salle le 8 août 2007
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    laissons là les parisianismes de la promotion puisque le film se passe à Lyon. Terrain de bataille idéal pour Chabrol qui se plait à partir en croisade contre les tares et les vices des notables de la bourgeoisie provinciale. Dans sa ligne de mire cette fois, deux hommes. François Berléand, un écrivain, vieillissant, riche, célèbre, pervers et amateur de livres rares érotiques. Benoit Magimel, un fils à papa, riche, connu, dandy, instable et amateur de belles autos. Les parallèles entre les deux hommes ne manquent pas et sont explicites ...

    Lire la suite de la chronique chez .

     

    Il est en train de se passer quelque chose dans l’œuvre de Chabrol que je n’avais pas forcément réalisé jusqu’à aujourd’hui. Ainsi me suis-je montré parfois un peu réservé pour certains de ses films récents (même si je les estime, je ne fus pas, à l’époque, totalement convaincu par l’atavisme un peu lourdaud de La fleur du mal ou par l’histoire d’amour de la demoiselle d’honneur). Puis il y eut la grande réussite de l’ivresse du pouvoir l’an dernier et cette fille coupée en deux, non moins réussie, qui me donne envie de reprendre les plus récents opus de Chabrol ...
     

    On se bousculait hier soir sous la pluie pour aller voir le "dernier Chabrol", on en sortait en silence, assommés, consternés... "La Fille coupée en deux" est un naufrage d’où on ne sort pas indemne, sa foi en Chabrol dûment ébranlée, même si ses deux derniers films n’étaient pas terribles, c’était sans commune mesure avec cette fille coupée en 2 qui se met en quatre... Que faire pour extraire de bons souvenirs de ce film où l’ennui le dispute à l’agacement ? C’est une histoire à laquelle on ne croit jamais et cela du début à la fin ...
     

    Après un détour par une réinterprétation de l'actualité politico-judiciaire, avec "L'Ivresse du Pouvoir", Chabrol revient à son fond de commerce habituel, à savoir ces histoires policières tarabiscotées sur fond de bourgeoisie provinciale, de secrets de famille et de notables verreux. Après le Bordelais qui avait accueilli "La Fleur du Mal" et tant d'autres villes de province fleurant bon la IV° République, nous voici donc cette fois dans la région lyonnaise ...
     

    Chabrol pour commencer, plutot confiant je me laisse emporter par l'histoire. En fait je suis surtout guidé par le personnage de Ludivine Sagnier, , parfait ni trop innocente, ni trop effrontée, simplement avide de vie comme on se doit de l'etre à cette age et à cette époque d'autant plus. Qu'elle rencontre et tombe amoureuse d'un homme bien plus agé, rien d'extraordinaire, qu'elle le suive dans son délire érotique, ici juste esquissé rien d'anormal ...
     

    Inspiré d'un fait divers, ce film a le mérite de dresser un portrait sans concession d'un monde qui donne de graves signes de décadence, qu'il s'agisse des vieux intellos qui ne semblent plus avoir d'autre raison de vivre que de se nourrir de chair fraîche (histoire de ne pas vieillir) ou de la grande bourgeoisie froide et austère qui n'envisage pas qu'on lui résiste. Qui en fait les frais ? avant tout la jeune Gabrielle (Ludivine Sagnier), jeune femme fraîche ...
     

    Chez les Chabrol le cinéma c’est une affaire de famille. Le sémillant réalisateur entre autres perles de La cérémonie et Merci pour le chocolat a su s’entourer avec le temps de toute sa petite famille : sa femme Aurore en tant que script, sa belle fille Cécile Maistre ici pour la première fois au scénario, ses fils Thomas et Matthieu respectivement acteur et compositeur. Pour La fille coupée en deux, il s’inspire d’un fait divers du début du siècle dernier mettant en scène un célèbre architecte new-yorkais et son ex-maîtresse. Ici le cadre se passe à Lyon, où une jeune présentatrice météo est convoitée par deux séducteurs patentés ...
     

    Après Jacques Rivette, c'est au tour de Claude Chabrol de nous offrir cette année un grand film et un beau personnage féminin. Hyppogriffe l'avait annoncé non sans gourmandise, La fille coupée en deux est l'un de ses meilleurs films et peut être bien l'un des sommets de son oeuvre, une quintessence et une synthèse. Soit donc une histoire de passion, d'érotisme, de pouvoir, de mensonges, d'amour, de folie, une histoire de cinéma. Soit un écrivain célèbre, caustique et talentueux, amateur de belles femmes et de beaux livres, marié, qui s'éprend d'une jeune présentatrice de télévision ...
     

    Les mythes chabroliens. La mort, la peur de vieillir (ça va de paire!!!), la jeunesse, la bourgeoisie de province, le star systeme, les apparences et leur sauvegarde. Tout y est. Et là, en plus, il prend vraiment son temps. Plus que l'histoire, qui est finalement très simple, Chabrol s'attache à décrire des personnages, des caractéres. Chacun est un peu la caricature de lui même. Seule la jeune fille, l'ingénue, l'amoureuse, l'allumeuse, la naïve reste finalement assez imprévisible ...
     

    Un Chabrol, c’est toujours un rendez vous attendu. On sait ce que l’on va trouver, mais on attend d’être surpris et séduit. Surpris par les subtilités de l’histoire, et séduit par le jeu des comédiens. Ici, on est assurément séduit par Ludivine Sagnier qui révèle tout son talent, content de retrouver une superbe Mathilda May. Le reste de la distribution est plus inégale, sans doute bridée par un scénario peu convaincant. Et c’est là le point faible, une histoire que l’on a du mal à croire ...
     

    C'est un véritable sentiment de déception qui domine au terme de ce film. Alors que, après l'ennuyeux demoiselle d'honneur, l'ivresse du pouvoir avait été un bon cru, c'est à nouveau un spectacle à basse intensité que projette Chabrol. Pourtant, les ingrédients de la recette "habituelle" de Chabrol (et d'autres) sont réunis: une bourgeoisie (lyonnaise) prétentieuse et avide, des hommes de pouvoir qui se jettent comme autant de prédateurs sur une blanche, trop blanche, colombe ...
     

    Claude Chabrol nous emmène une fois de plus dans le cercle fermé des gens fortunés, et au passage les égratigne un peu. Il faut dire que c'est un de ses thèmes favoris. On retrouve ainsi Berléand en écrivain à succès, dont la modestie nous fait lui pardonner beaucoup. En face, Magimel joue le fils de riche, celui né dans la richesse. Il voue une haine complète à l'auteur, sans qu'on ne sache vraiment pourquoi ...
     

    C'est une poupée qui fait oui, oui, oui, oui, oui... Un peu trop, d'ailleurs. Rencontrant deux hommes coup sur coup, elle cède à l'un mais ne se refuse pas tout à fait à l'autre. Chabadabadaboum. Évidemment, nous sommes chez Claude Chabrol, et tout ceci se déroule dans la haute bourgeoisie, les dîners mondains et les séances de dédicaces. Ça commence d'ailleurs à devenir très ennuyeux, cette obstination à dépeindre encore et toujours le même milieu social ...
     

    Ce film de Chabrol ne m'a pas emballée. J'ai adhéré à une Ludivine Sagnier naïve et fraîche. Je l'ai trouvée moins crédible en femme trahie, prête à mourir d'amour. François Berléand est égal à lui-même et joue un salaud vraiment très salaud, impeccable. Benoit Magimel est ridicule (ce n'est que mon avis). Ce Chabrol s'enlise dans des caricatures un peu glauques qui n'ont pas réussies à me toucher du tout ...

    Note : 2.1/5 (12 notes)


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