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27
04
2008

Le premier venu - Jacques Doillon

7 chroniques recensées

Liste des chroniqueurs sur ce sujet :
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Le premier venu,
De

Avec C. Beaugrand, G. Thomassin, G. Saurrel

Sortie en salle le 2 Avril 2008
Le premier venu - Jacques Doillon
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Un film à fleur de peau. Etonnant, captivant je fus surpris de voir au mot fin que plus de deux heures s’étaient écoulées. Absorbant, je n’ai jamais ou rarement autant eu le sentiment que la caméra est un personnage à part entière. Elle s’invite, colle au plus prés de nos deux héros. Suit le regard malicieux de Camille, saute au visage de Costa, son front barré d’une interrogation ...
 

Pas d'introduction, le film commence dans le vif du sujet. À la sortie d'une gare, une fille court après un garçon, on ne sait pas bien pourquoi, car c'est une sorte de loser qui visiblement lui a fait quelque chose de dégueulasse. Et on est embarqué dans un tourbillon déconcertant, qui englobe aussi un flic improbable, qui tombe à son tour amoureux de la fille, et un très beau personnage de femme qui attend le retour d'un père qui fuie ses responsabilités (Gwendoline Godguin). Camille a choisi d'aimer le premier homme qu'elle croiserait. Tant pis s'il ne lui convient pas, tant pis s'il a fait des conneries ...
 

Unanimement accueilli par la presse, le dernier film de Doillon semble être celui du retour en grâce. Pas un film de plus mais la réapparition de l’auteur prodigue, absent des écrans depuis un certain nombre d’années (rien depuis l’intéressant Raja en 2003) et confronté à des difficultés croissantes pour mener à bien ses projets. Il y même quelque chose d’un peu suspect derrière cette unanimité, comme si toute la profession se crispait derrière ce cinéaste pour défendre les derniers bastions d’un cinéma d’auteur laminé par le contexte socioéconomique du cinéma français actuel. J’attendais beaucoup de ce film et c’est sans doute pour cette raison que je suis un poil déçu même si je reconnais certaines de ses qualités. Doillon ne se renouvelle plus : je veux bien y voir la persistance d’un véritable regard tournant ...
 

"Le Premier venu", explique Camille à Cyril, c'est celui auquel elle avait décidé de donner son amour, indépendamment de son physique, de son histoire, de ses qualités et de ses défauts. Ce premier venu, ce fut Costa, mais cette rencontre s'est déroulée avant que ne commence le film, et déjà un contentieux, et pas n'importe lequel, existe entre eux deux. Pourtant, malgré ce qu'il lui a fait, elle s'en tient à son voeu, et elle ne lâche pas. Comme souvent chez Doillon ("La Pirate", "Vengeance d'une Femme", "Amoureuse", "Carrément à l'Ouest"), un autre apparaît pour compléter la figure du triangle amoureux ...
 

Une gare de Picardie, un après-midi apparemment comme les autres. Deux jeunes gens se disputent au sujet d’un viol commis dans le train qu’ils viennent de prendre. Lui est l’agresseur, elle la victime. Elle se dit "détruite" par ce qu’elle vient de vivre, lui estime s’être fait gruger par cette nouvelle venue qui lui paraissait consentante. Il acceptera pourtant de s’excuser auprès d’elle, mais cela ne suffira pas aux yeux de cette dernière, bien décidée à ne pas en rester là avec lui ...
 

C'est vrai que les films de Doillon sont rarement rigolos, et qu'on y entre souvent une certaine appréhension. Celle de passer deux heures à s'ennuyer sec devant un gros machin d'auteur pas engageant pour deux sous, austère et hermétique. Le premier venu dissipe rapidement ces craintes, entrant tout de suite dans le vif du sujet et ne nous lâchant plus que par intermittences. Les yeux noirs, intenses, profonds de Clémentine Beaugrand sont une invitation au voyage ; on aura beau ne jamais quitter la baie de Somme, on s'envolera pourtant à des lieues de son siège ...
 

La critique cinématographique ne parle pas que du film en lui-même tout comme le critique littéraire ne se borne pas qu’aux seuls mots de l’écrivain. Malheureusement, parler du Premier Venu, nouveau film de Jacques Doillon (L’An 01 (1973), Les Doigts dans la tête (1974), La Drôlesse (1978), Le Petit criminel (1990), Petits Frères (1999), etc.) c’est aussi parler de son contexte de production : Doillon a expliqué à maintes reprises les difficultés qu’il avait rencontrées pour financer son film. Le constat de ce cinéma français qui peut accoucher d’un Astérix au budget mirobolant mais peut à peine permettre la réalisation de films plus modestes est à tel point alarmant ...

Note : 2.3/5 (3 notes)


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